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«Le préjugé hiéroglyphiste» dans la pensée occidentale de la Renaissance à la Grande Guerre

«Le préjugé hiéroglyphiste» dans la pensée occidentalede la Renaissance à la Grande Guerre25, 26 et 27 juin 2015Université de Strasbourg (SEARCH, EA 2325)Dans Le débat sur les écritures et l'hiéroglyphe aux 17 e et 18 e siècles (1965), Madeleine David s’attache à mettre en évidence les conceptions du signe qui ont freiné le déchiffrement des hiéroglyphes. Parmi ces obstacles figure le «préjugé hiéroglyphiste», qu’elle définit comme « l'exaltation de la figure hiéroglyphique en tant que symbole pur». Dans cette perspective, les hiéroglyphes rendent visible une réalité cachée, mais ne constituent pas une écriture et n’ont pas vocation à assurer la communication entre les hommes. Deux ans plus tard, dans De la grammatologie , Derrida adopte l’expression dans sa critique d’une tradition métaphysique pour laquelle la vérité s’origine dans le Logos.L'Égypte et sa symbolique ont profondément marqué la pensée de la Renaissance. La parution en 1505 des Hieroglyphica , attribués à Horapollon, déclenche une fascination pour le code crypté des hiéroglyphes dans lesquels on croit déceler le réceptacle des mystères divins et une source de la Prisca Theologia . En 1556, l'imprimeur bâlois Michael Isengrin fait paraître les Hieroglyphica de Pierio Valeriano, immense ouvrage de codification des images qui cherche à traquer les sources du christianisme dans les hiéroglyphes et la symbolique gréco-latine païenne. On sait que nombre d'auteurs puisèrent à ce trésor, tel Ben Jonson qui l'utilisa pour la composition de ses Masques. La peinture fut également sujette à cet engouement pour l'Égypte et ses hiéroglyphes, comme en témoigne la parution en 1593 de l' Iconologia de Cesare Ripa, dont les sources principales sont le compendium de Valeriano et l' Emblematum Liber d'Alciat. Les nombreuses rééditions et traductions de l’ Iconologia aux dix-septième et dix-huitième siècles attestent le succès de ce texte qui devint un manuel de référence dont l'impact sur l'art occidental fut considérable. Tous ces ouvrages dessinent les contours de ce que Jean Raymond de Petity nomme, au dix-huitième siècle, une «Hiérographie» ( Le Manuel des artistes et des amateurs , Paris, 1770), expression d'une conception du monde encore fortement ancrée dans la théorie des analogies.L’imaginaire du hiéroglyphe perdure après le déchiffrement de l'écriture égyptienne par Champollion en 1822. Il fleurit dans un dix-neuvième siècle qui voit la résurgence d’une vision mystique du monde. Les Romantiques des deux côtés de l’Atlantique sont profondément influencés par la tradition néoplatonicienne et en particulier par Swedenborg, auteur du célèbre C lavis Hieroglyphica arcanorum naturalium et spiritualitium per viam Repraesentationum et Correspondentiarum (1741). Dans Nature (1836), ouvrage considéré comme la bible du Transcendantalisme, Ralph Waldo Emerson déclare que le monde est emblématique, faisant ainsi écho aux propos de Francis Quarles dans ses Emblemes (1635): «What are the Heavens, the Earth, nay every Creature, but hierogliphicks and emblemes of [God’s] Glory.» En France, Baudelaire, qui contribue à restaurer l’ancien univers analogique, affirme que «tout est hiéroglyphe» dans son étude sur Victor Hugo. Le discours des Symbolistes accorde une très grande place à la métaphore du «livre du monde», dont le poète doit déchiffrer les hiéroglyphes. Cependant, à mesure que change la conception du symbole, le rapport à la transcendance n’est plus admis comme une évidence. Ainsi, dans «Le démon de l’analogie» (1874) notamment, Mallarmé semble faire vaciller l’univers des similitudes, lui qui affirme aussi dans «l’Azur» (1864) que «le ciel est mort».Le déchiffrement des hiéroglyphes a cependant des conséquences visibles sur l’utilisation de la métaphore. Certains détectives de fiction excellent à déchiffrer des indices qui sont parfois comparés à des hiéroglyphes. Dans «The Adventure of the Dancing Men» (1903), Sherlock Holmes parvient à trouver le code qui donne sens aux mystérieux dessins soumis à son attention. De son côté, Freud reprend la métaphore du hiéroglyphe pour décrire les arcanes du rêve. Dans sa perspective, le hiéroglyphe n’est plus un symbole toujours ouvert, mais le signifiant d’un signifié récupérable par l’interprétation.Les communications pourront aborder le hiéroglyphe au sens propre, sa métaphore ou sa symbolique dans la pensée et l’art en Occident de la Renaissance à la Première Guerre mondiale. L'objectif du colloque est d'explorer l'évolution de la figure du hiéroglyphe sur près de quatre siècles, en mettant au jour des invariants, des inflexions, voire des ruptures dans les traitements qu'elle a subis. On explorera à cet effet les textes théoriques qui placent le hiéroglyphe au cœur de l'épistémè des périodes concernées, les discours théologiques et philosophiques qui légitiment le hiéroglyphe comme langue adamique, les diverses formes d'expressions artistiques qui recourent à la figuration hiéroglyphique en tant que symbole, ou encore les écrits qui s'approprient le hiéroglyphe en tant que modèle herméneutique. Modalités de soumissionLes propositions de communication en français ou en anglais (environ 500 mots) devront être adressées pour le 20 décembre 2014 à: Jean-Jacques Chardin ( chardin@unistra.fr ), Sophie Mantrant ( mantrant@unistra.fr ) et Rémi Vuillemin (vuillem@unistra.fr).Une publication (en anglais) est prévue après relecture des contributions par le comité scientifique du colloque.**«The Hieroglyphist prejudice» in Western thought from the Renaissance to the Great WarUniversity of StrasbourgJune 25-26-27 2015 (SEARCH, EA 2325)In her book entitled Le débat sur les écritures et l'hiéroglyphe aux 17 e et 18 e siècles (1965), Madeleine David argues that specific conceptions of the linguistic sign have impeded the development of a method to decipher hieroglyphs. One of these conceptions is the “hieroglyphic prejudice” which she defines as “the exaltation of the hieroglyphic figure as a pure symbol.” The prejudice is a postulate that hieroglyphs reveal a truth that is concealed, but they are neither a writing system nor a means of communication between human beings. Two years later, in Of Grammatology , Derrida used the same phrase as David, in his criticism of a metaphysical tradition for which truth originates in the Logos .Egypt and Egyptian symbolism have left a deep imprint on Renaissance thought. The printing of Hieroglyphica (1505, attributed to Horapollo), triggered a fascination for the cryptic code of hieroglyphs, which was seen as a key to the revelation of divine mysteries and a source of Prisca Theologia . In 1556, the Basel printer Michael Isengrin issued Piero Valeriano’s Hieroglyphica , an impressive attempt at codifying and tracing images and the sources of Christianity in hieroglyphs, as well as in Greek and Latin symbols. Numerous authors—such as Ben Jonson for his Masques—drew upon this rich treasure trove. Egypt and hieroglyphs were also to inspire painters, as shown by the publication of Cesare Ripa’s Iconologia (1593), whose sources are Valeriano’s work and Alciato’s Emblematum Liber . The sheer number of editions and translations of Ripa’s Iconologia in the 17 th and 18 th centuries testifies to the impact of the work on Western art. Taken together, these texts constitute what Jean Raymond de Petity called a “hierographia” in the 18 th century ( Le Manuel des artistes et des amateurs , Paris, 1770), the expression of a Weltanschauung that was still deeply rooted in the theory of correspondences.Hieroglyphics retained a powerful hold on the Western imagination even after Champollion deciphered the Rosetta Stone in 1822. The metaphor was given a new lease of life with the resurfacing of a mystical world view in the 19 th century. On both sides of the Atlantic, the Romantics were influenced by the neoplatonic tradition, and more particularly by Swedenborg and his famous C lavis Hieroglyphica arcanorum naturalium et spiritualitium per viam Repraesentationum et Correspondentiarum (1741). In Nature (1836), a work that was considered the bible of Transcendentalism, Ralph Waldo Emerson declared that the world was emblematic, echoing Francis Quarles’s words in Emblemes (1635): «What are the Heavens, the Earth, nay every Creature, but hierogliphicks and emblemes of [God’s] Glory.» In France, Baudelaire, who took part in reviving the old analogical world view, stated that “everything [was] hieroglyphic” in his study of Victor Hugo. The Symbolists repeatedly used the metaphor of the “book of the world,” the hieroglyphs of which are to be deciphered by the poet. However, as conceptions of the symbol changed, the transcendent nature of the hieroglyph was not seen as obvious anymore. In “Le démon de l’analogie” (1874) for instance, Mallarmé questions the world of resemblances, affirming in “L’Azur” (1864) that “the sky is dead.”The deciphering of hieroglyphs was not without impact on their metaphorical status. Champollion-like fictional detectives show great skill in reading clues that are sometimes likened to hieroglyphics. For example, in «The Adventure of the Dancing Men» (1903) Sherlock Holmes manages to uncover the code that lends meaning to the mysterious drawings. At the same period, Freud is using the metaphor of the hieroglyph to describe the mysteries of dreams. In his perspective, the latter sees the hieroglyph is not an open symbol, but rather the signifier of a signified that can be recovered through interpretation.We invite papers on the hieroglyph itself, but also on its use as metaphor or symbol in Western thought and art from the Renaissance to World War I. The aim of the conference is to explore the evolution of hieroglyphical thinking over four centuries, bringing out the continuities, variations or ruptures in the conception, use, and presentation of the “sacred engravings.” We will welcome investigations of theoretical texts that lay particular emphasis on the hieroglyph, making it central to the epistemes of the periods under consideration, theological and philosophical discourses that legitimize the hieroglyph as the Adamic language, artistic forms of expression that use the hieroglyph as a symbol, or the narratives and discourses that use the hieroglyph as a hermeneutic model.Papers will be reviewed after the conference by a publication committee and the accepted papers will be published in print and/or online.Please send abstracts of approximately 500 words by December 20th , 2014 to Jean-Jacques Chardin ( chardin@unistra.fr ), Sophie Mantrant ( mantrant@unistra.fr ) and Rémi Vuillemin ( vuillem@unistra.fr )
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